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Strava: un outil fascinant, formidable motivateur et aussi miroir de notre société

Dernière mise à jour : oct. 10


Les médias et réseaux sociaux peuvent agir comme un aimant: les faibles de caractère ou dépourvus de valeurs succombent alors à la tentation...


L'outil fascinant

En suédois, Strava signifie « s'efforcer à faire quelque chose sans relâche ». Dans le sport il s’agit d’un réseau social qui rassemble plus de 60 millions d’utilisateurs à travers le monde ! Les membres, une majorité de cyclistes et de coureurs à pied, peuvent partager leurs activités préalablement enregistrées à l'aide d'un dispositif GPS (smartphone ou GPS destiné à la pratique sportive). Ils peuvent se suivre pour être notifiés de nouvelles activités envoyées sur le réseau par leurs abonnements et donner des Kudos de félicitations sur les activités des autres athlètes à la manière d'un Like sur Facebook. Un résumé de l'activité montre les données importantes comme la distance parcourue, le dénivelé positif, les calories dépensées ou la vitesse moyenne. Les activités peuvent ensuite être observées dans un onglet « analyse » avec les différentes altitudes de la sortie, les vitesses pendant la session, les fréquences cardiaques et une foule de données statistiques. Cerise sur le gâteau, la plupart des routes et chemins sont répertoriés en « segments » (en langage Strava cela veut dire tronçons/parcours qui sont chronométrés en permanence par les points GPS) qui vous montrent votre vitesse et temps dans chacun d’entre eux.


Le formidable motivateur

Je me suis inscrit sur l’application en 2019 et y suis réellement actif depuis 1 an ½. Désormais, je synchronise toutes mes activités physiques sur l’application avec des bénéficies indéniables. Citons notamment :

  • observer les entraînements de personnes auxquelles on s’abonne (pros, connaissances ou illustres inconnus)

  • s’inspirer de leurs parcours incluant des données comme distances, altitudes et dénivelés, voire photos inspirantes, pour aller ensuite les découvrir sur le terrain

  • les tester tranquillement ou à bloc pour se mesurer à soi-même ou/et aux autres utilisateurs de l’appli sur les « segments » : ces derniers enregistrent automatiquement les résultats et génèrent des classements virtuels et des « KOM » (Kings of the Mountains ») pour les meilleurs chronos

  • faire la connaissance de sportifs auxquels on s’abonne ou/et réciproquement.

Via Strava j’ai ainsi pu renouer le contact avec des sportifs avec qui j’avais perdu le contact depuis longtemps. Surtout, j’ai pu faire la connaissance de nouvelles belles personnes que je n’aurais probablement pas eu l’occasion de rencontrer sans l’application.


Un Miroir de notre société et ses différentes facettes

Avec ses segments et ses « KOM » Strava encourage à la performance, une excellente chose! Grâce à cette appli, je me suis surpris à reprendre un entraînement plus intensif et à réveiller concrètement ma mentalité de compétiteur présente dans mon ADN ! Je m’entraînais en effet quasiment tous les jours ces dernières années, mais en faisant moins de volume et surtout sans intensité aucune. La pandémie m’a contraint à réorganiser ma vie professionnelle et Strava a agi comme une source d’inspiration pour me remettre en selle… et m’entraîner autant, si ce n’est plus, que lorsque je faisais partie de l’élite mondiale !

Revers de la médaille, j’observe quelques dérives malheureusement typiques de notre société : des truqueurs dans l’âme qui profitent de la scène Strava pour tenter de se mettre en lumière malhonnêtement. Cela se traduit par exemple par de « pauvres cyclistes » qui tentent des « KOM » et monopolisent des classements en omettant de préciser qu’ils roulent en vélo électrique (ils choisissent l’option « vélo » au lieu de « sortie en vélo électrique » qui fait l’objet d’un classement séparé). Ce comportement contraire à toutes les lois du fair-play se pratique au détriment des cyclistes amateurs qui sont honnêtes pour leur immense majorité! Dans ce lot de pédaleurs peu scrupuleux on y trouve notamment un ancien cadre de l’Office Jeunesse et Sport du Canton.


Les réseaux sociaux et la médiatisation accélèrent la motivation des faibles à tricher

Dans une société où on peut faire fortune sur les réseaux sociaux, sans rien amener de concret mais en fédérant une communauté de moutons derrière soi, on peut comprendre que des sportifs franchissent la ligne du fair-play pour un peu de visibilité, valorisation et de « célébrité ». Certaines vedettes de Strava, on l’a vu récemment avec Raphaël Addy qui s’est soustrait à un contrôle antidopage après sa victoire à la Marmotte Granfondo Alpes, perdent la tête pour un peu de gloriole ! Un contrôle refusé est, d’une certaine manière, pire qu’un contrôle positif : il empêche en effet les instances sportives et le grand public de connaître les substances utilisées. D’autres régionaux, comme l’ancien « vainqueur » du Grand Raid Daniel Paradis ou l’ancien cycliste devenu éphémère coureur à pied Christian Charrière avaient aussi refusé un contrôle : tous deux ont été punis de deux ans de suspension par les instances antidopage et n’ont par la suite plus jamais obtenu un seul résultat digne de ce nom. C’est pour cela qu’il faut multiplier les contrôles : s’agissant des compétitions virtuelles sur Strava, cela signifie compter sur la communauté pour signaler les impostures du type vélo électrique (l’option existe) ; pour les compétitions réelles, multiplier les contrôles antidopage (et enquêtes si nécessaire). Je ne vois pas d’autre option. Quelqu’un m’a dit récemment « qu’on m’avait volé Sierre-Zinal ». La formule est adéquate : en l’absence de contrôles, on voyait en effet des « 2 CV » (coureurs de niveau régional) transformés en « F1 » pour l’occasion. Qu’ont fait les plus talentueux ? Certains ont gagné quand même, d’autres se sont fait précéder par nettement moins bons qu’eux et d’autres encore (ce fut mon choix) sont restés à la maison quand ils ont compris. Ces injustices doivent cesser.












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