Un entraînement approprié avec un travail à plein temps

Mis à jour : avr. 17



Un entraînement adéquat et adapté à ses conditions de vie est primordial. Il permet d'exploiter au mieux ses prédispositions. Certains imaginent que la progression intervient lorsque l’entraînement augmente en qualité et en quantité. C’est seulement en partie juste de mont point de vue.

Retour sur le sujet avec une interview donnée en 2009. Toujours actuel à mon avis pour tous ceux qui travaillent et qui ne sont pas "accompagnés" par la médecine.

Que signifie « s’entraîner juste » ?

Ma définition: ni trop, ni trop peu, pas trop souvent en intensité pour éviter les états de fatigue. J’effectue environ 70% de mes séances à moins de 130 pulsations, pour une fréquence maximale à 184 aujourd’hui.

En 2021, mon max est environ de 175 (et il avoisinait les 200 à 18 ans).


Quels sont les sports pratiqués lors de tes entraînements ?

Course à pied, avec un peu de vélo et d'autres sports en été, ski alpinisme et home trainer (vélo d'appartement) en hiver. Je lis souvent les journaux sur le home trainer. La durée moyenne d’une séance est de 60 minutes : rarement moins de 50 minutes, rarement plus de 75 minutes en course à pied et de 2h d'entraînement effectif (sans compter les pauses et descentes) en ski alpinisme.

Depuis que je me suis mis au vélo ces dernières années, j'effectue dorénavant aussi de plus longues sorties.


Fais-tu du renforcement musculaire, de la gymnastique ou des circuits-trainings?

Non, presque jamais. Cela serait assurément très profitable pour améliorer force et souplesse, sans parler de l'effet bénéfique à long terme pour protéger des blessures. Au vu de mon agenda professionnel très chargé, je dois cependant mettre des priorités.

J'ai commencé le Yoga en 2020 afin de m'assouplir et me détendre.


Et des étirements, du type stretching ?

Oui, fréquemment, surtout en saison estivale.


Comment répartis-tu tes charges d’entraînement ?

Sur l’année je participe à environ 12 à 15 compétitions et effectue à peu près 30 séances dures, soit au seuil ou au-dessus. Selon les mois et les semaines, cela signifie entre 0 et 2 efforts intensifs dans la semaine. Je fais très peu de séances de plus de 2h (au max une quinzaine dans l’année hors des périodes de compétition).

Ma dernière compétition date de mars 2010.


Pas de séances de 5 ou 6h?

Non, j'ai dû faire 1 séance ou 2 par an en moyenne d'une durée de 3 ou 4h. Quand on a des responsabilités professionnelles comme c'est mon cas, qu'on travaille à 100%, qu'on s'entraîne quotidiennement et qu'on ne bénéficie pas d'un suivi médical (autorisé ou non), c'est la solution la plus raisonnable de mon point de vue. Les très longs entraînements dévorent pas mal d'énergie et ceux qui peuvent se le permettre plusieurs fois par semaine sont soit semi-pros/pros, soit "accompagnés par la science " pour leur permettre de récupérer.

Depuis que je me suis plus "sérieusement" au vélo en 2020, j'ai intégré des sorties de 3h-4h régulièrement: avec les descentes et les plats, la dépense énergétique n'est pas la même. L'impact de "destruction musculaire" engendré par l'effort est très faible par rapport au ski alpinisme et surtout par rapport à la course à pied: corollaire, il est possible de s'entraîner plus longtemps sans épuiser les fibres musculaires.

Comment sens-tu que la forme est présente?

Mes variations de forme sont faibles au cours de l'année, même en période de repos actif. C'est donc assez difficile de le savoir précisément. Je m’entraîne avec un cardiofréquencemètre qui confirme mon feeling. Pour une séance facile: plus les pulsations sont faibles avec un rythme donné, meilleure est la forme. J’effectue toutes mes intensités en montée (à plat je n’ose plus à cause du risque de blessure) et l'altimètre m’indique alors le dénivelé à l’heure réalisé, pour un temps de fractionné déterminé.

Je suis actif sur l'application Strava depuis 2020: ce genre d'application, avec des segments de différentes longueurs et difficultés, peut représenter un outil utile de mesure de forme.


Combien d’heures consacres-tu à l’entraînement par semaine ?

De manière générale un peu plus l’hiver que l’été. Les petites semaines environ 5-6h, les grosses semaines jusqu’à 13-14h. En moyenne entre 10h par semaine actuellement, soit un peu plus qu’il y a 3 ou 4 ans. Cela correspond à 500h/550h d'entraînement effectif par année.

Entre l'arrêt de la compétition en 2010 et l'année 2020, j'ai diminué la pratique sportive à environ 300h par année sans compter les 25 journées de ski chaque hiver... Depuis l'arrivée de la COVID-19, j'ai cependant nettement augmenté mon entraînement et diminué le ski alpin: avec cette pandémie qui m'impose un télétravail partiel, je fais donc autant d'heures aujourd'hui que lorsque j'appartenais à l'élite.


T’octroies-tu des jours de repos ?

J'ai besoin de transpirer, j'aime cela! Un jour sans sport est un jour de perdu de mon point de vue: les contraintes sont de nature organisationnelles, mais la passion du sport ne m'a jamais quitté. Je préfère le repos actif au repos complet, avec une séance très légère de trois-quarts d’heure à moins de 120 pulsations par minute.


L'envie de la compétition s'acquiert-elle ou est-elle innée?

En ce qui me concerne je peux simplement dire que je l'ai toujours eue depuis l'enfance. Je suis un compétiteur né dans tout ce que j'entreprends. J'aime avoir des objectifs et me mesurer à des points de comparaison dans tous les domaines, pas seulement en sport. Au travail, c'est pareil: je raisonne en termes de performance, gains de parts de marché, recherche d'excellence, benchmarking. Ma fiancée (épouse désormais), par exemple, respecte ce trait de caractère tout en se demandant parfois quelle mouche m'a piquée... Mais je suis comme cela.


Arrives-tu à te préparer pour être en top forme le jour J?

Ce n'est pas évident. Le problème pour moi réside dans le fait que les saisons touristiques coïncident avec celles de compétition: c'est loin d'être idéal. J'ai souvent constaté que j'atteins mes pics de forme quelques semaines après les objectifs visés. En revanche, et dès que je porte un dossard, je suis mentalement prêt: l'effort physique, parfois la souffrance en effort total, ne m'ont jamais fait peur.


Comment t’entraînais-tu jeune ?

A 12 ans je m’entraînais 2x par semaine en moyenne, à 18 ans 4 fois en répartissant les séances entre course à pied et le ski de fond. A cela il faut ajouter l’enseignement de l’éducation sportive à l’école ainsi que le football et le hockey sur terre avec les copains du quartier. Mon père, qui m'a initié au sport , m'encourageait à faire chaque année une pause de 6 à 8 semaines. Par conséquent, il y avait toujours 2 mois sans sport dans l'année.


Quels sont les conseils que tu pourrais donner à un jeune ?

Prendre du plaisir avant tout et privilégier la légèreté dans l’approche de la compétition. Beaucoup de jeunes s’entraînent trop et surtout trop durement, ce qui finit par les dégoûter. Des Juniors, voire des Cadets, font du spécifique très tôt en s’exerçant tous les jours, souvent de manière intense : la marge de progression est ainsi réduite avec du découragement lorsque les résultats ne suivent pas.


En quoi consiste ton encadrement sportif ?

En le strict minimum: je n’ai ni entraîneur, ni suivi médical à l'exception d'un physio. Je m’entraîne le plus souvent seul, car je ne sais que rarement à l'avance quand j'arrive à "caser" les séances à cause des obligations professionnelles. J'ai commis beaucoup d'erreurs par le passé mais désormais je fais confiance à mon feeling et à mon expérience. Je compte aussi sur des messages devenus indispensables pour prévenir ou éliminer les pépins musculaires et tendineux.


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