• Sebastien Epiney

Responsabilités professionnelles et sport de compétition

Mis à jour : mars 20



Mettre tous les œufs dans le même panier n'est pas toujours judicieux. La variété des défis peut rendre plus fort... malgré les contraintes multiples qu'elle occasionne. Beaucoup pensent qu’il n’est pas possible de concilier responsabilités professionnelles et sport de compétition. Ce n’est pas forcément vrai. Des sacrifices sont certes nécessaires, mais il n’est pas rare de rencontrer des sportifs de haut niveau qui sont très engagés dans leur travail. L'avis de Sébastien Epiney.

Publié sur mon site en 2009.

Comment t’organises-tu avec ton job ?

Mon activité professionnelle mobilise plus de 50h par semaine en moyenne, avec 20 jours de vacances par an. J’organise mes entraînements en fonction des priorités professionnelles et dois me montrer très flexible: il m’arrive de m’entraîner à 6h30 le matin ou le soir après 21h sur le home trainer (vélo d’appartement). J’essaie de faire une séance sur la pause de midi, mais ce n'est pas toujours possible. Si j’en fais deux d'une heure dans la journée, j’espace les sorties de 6 à 8h (par exemple la première à 12h et la seconde à 20h).

Depuis 2009, il ne m'est plus arrivé de faire du sport 2x dans la journée. En revanche, je me débrouille pour trouver tous les jours un moment pour pratiquer une activité sportive. Depuis l'arrivée de la COVID en 2020 et la diminution de mes déplacements professionnels, mon organisation s'est nettement simplifiée.


Comment t’entraînes-tu quand tu es en déplacement à l’étranger ?

Lorsque je suis en promotion pour la destination, c'est le plus souvent dans des métropoles. Je cours donc dans les villes ou m’entraîne sur le home trainer de l’hôtel quand il en existe un. C'est parfois compliqué.


Un fort engagement professionnel est-il un handicap pour la compétition ?

Clairement! Le temps à disposition pour la préparation sportive et la récupération est ainsi limitée. Cela demande une discipline de fer, une organisation sans faille et une flexibilité développée. Surtout, c'est le stress lié aux responsabilités qui est usant: déjà que je dors assez peu en temps normal (environ 6h par nuit) je souffre occasionnellement d'insomnies liées au stress. On peut en revanche y voir l’avantage d’avoir l’esprit occupé ailleurs, le sport m'offrant une soupape pour évacuer la pression. Sans ce plaisir du sport et de la compétition, j'aurais plus de difficultés à supporter les responsabilités professionnelles.


Comment gères-tu les différentes représentations et apéros liés à ton job ?

Je limite la consommation d’alcool, selon les circonstances j'y suis tout de même "obligé". Cela implique inévitablement d'adapter certains entraînements. Les apéros dînatoires obligatoires sont fréquents et les relations publiques importantes dans mon métier: c'est difficile à marier avec le sport de compétition.


Participes-tu aux stages de l’équipe nationale?

Très rarement à cause de mon agenda très serré. Je le regrette car ils me manquent beaucoup: je pratique certes un sport individuel mais je trouve une partie de mon plaisir dans les rencontres et les échanges! J’utilise une partie de mes 20 jours de congé pour les championnats internationaux et l’autre partie pour mes vacances qui sont en réalité les semaines où je m’entraîne le plus.


Apprécies-tu de faire tes séances d’entraînement souvent seul ?

Oui, car j'adore la pratique sportive en tant que telle et y trouve aussi du plaisir en solo. Avec mon emploi du temps très chargé, j’optimise de cette manière le temps à disposition. Je peux exercer mon leadership et mon esprit de team player dans le cadre professionnel.


Comment les gens que tu côtoies dans la vie professionnelle perçoivent tes activités sportives ?

De manière très variable. La majorité n’évoque pas le sport. A Nendaz certains me témoignent de la reconnaissance alors que d'autres sont indifférents ou dénigrent ma pratique en imaginant en vertu de mes résultats que je m'entraîne plus que de raison.


Peux-tu nous décrire une journée-type ?

Toutes les journées peuvent se ressembler par certains aspects mais aucune n'est pareille à l'autre. Réveil entre 6h30 et 7h, bureau de 8h à 12h, puis entraînement et repas, travail de 14h à 19h. Ensuite cela dépend des contraintes liées à ma fonction: soit de la représentation (comités, médias, vernissages, apéros, etc.), soit un second entraînement. Coucher autour de minuit.


De combien d’heures de sommeil as-tu besoin par jour pour récupérer ?

6h à 6h30 en moyenne, j’ai la chance d’être un petit dormeur. Dans le cas contraire, combiner des activités aussi prenantes et consommatrices en énergie ne serait pas possible.


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par Sébastien Epiney

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